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vendredi 6 juin 2008

Frontière(s) : La critique pourrie


06 06 2008
Frontières

J'avoue, je suis un fan de films d'horreurs ultra-gore, sales, pouah, beurk pleins de gens qui ont 60L de sang compressés à 10 bars dans le corps et qui ont la facheuse tendance à tomber sur plein d'objets coupants ! Plus c'est trashos plus ça me plait, c'est pourquoi j'attendais avec une grande impatience de voir le film Frontière(s) de Xavier Gens, un film soit disant si atrossorib' qu'en comparaison le 20H de TF1 et GTA IV combinés ressemblent à la version censuré des Bisounours. Même le fait de savoir que ce film est une production Europa Corp, l'usine à films pourris made in Luc Besson, et que le mec au commandes a commis le ridiculissime Hitman n'a pas réussi à me démonter, et pourtant, et pourtant...

Champignon Frontière(s) : La critique pourrie

Contrairement à ce que tente de faire croire l'affiche, Frontière(s) n'est pas un documentaire sur une boucherie-charcuterie placée à la frontière franco-suisse. Non, en fait c'est l'histoire de jeunes racailloux qui, après un casse, décident de fuir la France alors que l'extrême droite est en train d'arriver au pouvoir, pour aller dépenser leurs euros durement gagnés dans des pétards Hollandais. Malheureusement, film d'horreur oblige, sur leur route ils vont s'arrêter dans une auberge occupée par une famille de dégénérés vilains pabô qui préfèrent le cuissot d'humain au steak de bœuf, pas de chance (Enfin ils auraient pu tomber sur pire : des végétariens) !

Comme Nioutaik est un blog familial j'ai décidé de laisser le choix aux lecteurs concernant la bande annonce à visionner. Vous pouvez donc choisir entre la Bande Annonce du film Frontière(s), pleine de sang qui fait vomir les âmes sensibles (après ça tâche, c'est sale) :


Ou bien le générique des Bisounours (qui peut lui aussi faire vomir mais pas pour les mêmes raisons) :


Avant de voir Frontière(s) je m'attendais secrètement à découvrir un "Massacre à la tronçonneuse" à la Française, soit un film extrêmement glauque qui fout un bon gros malaise, hélas, hélas, hélas (3 fois hélas, j'ai compté !) au lieu d'un malaise tout ce que le spectateur peut ressentir à la vision de ce film c'est de la gêne, de la gêne pour le réalisateur qui a pondu une bouse pareille et les acteurs qui ont acceptés de jouer dedans (ou bien qui y ont été contraint, c'est pas très clair).

Frontière(s) souffre énormément du syndrome de "grosse tête" de son réalisateur. Au lieu de chercher à faire un film d'horreur "divertissant", "rythmé", "qui prend au tripes" comme Alexandre Aja à su le faire avec Haute Tension, Xavier Gens à lui décidé de coller dans son film de la "philosophie à deux roubles" et de la "réflexion politique débile sur fond de malaise social" (je n'invente rien c'est lui même qui le dit dans ses interviews) et, comme chacun s'en doute, marier de la réflexion politique "basse de plafond" à un film d'horreur c'est comme parler des Nazis dans un débat : ça n'apporte rien et ça fait passer pour un blaireau.

Bon, avant que je m'emballe et que je parte dans tous les sens je vais tenter de structurer mon texte en détaillant toutes les frontière(s) de pourritude que ce film franchi dans la joie et le "va y lubrifie moi ça !" (dit aussi "allégresse") :



Champignon Les Frontière(s) du scénario pourri

Normalement lorsque l'on veut renouveler un genre de film on essaie de faire original, d'explorer de nouvelles idées, de tester des choses audacieuses, mais ça Xavier Gens ne le sait pas, pour lui renouveler un genre ça veut plutôt dire "repomper comme un gros chacal, parfois au plan près, des scènes et des idées de bons films d'horreurs et d'en faire un mégamix, de toute façon personne y verra rien". Bien sur, si Frontière(s) ne contenait que quelques idées déjà vues dans d'autres films on pourrait appeler ça un hommage et personne n'y verrait rien à redire mais la tout est tellement déjà vu vu et revu que ça s'appelle du plagiat (Remarquez, tout le sel du film devient du coup de repérer quoi est pompé sur quoi). Nous avons ainsi droit à :

  • La famille de dégénérés cannibales pompée de Massacre à la Tronçonneuse avec cependant une petite originalité ridicule : c'est une famille de Nazis ! Wahou mais quelle audace dans le scénario ma parole oO

  • Une séquence dans des tunnels étroits venue tout droit de The Descent

  • Le coup du tendon d'Achille pompé de Hostel (oui, ce film ose même pomper sur cette sous-bouse du film d'horreur qu'est Hostel, c'est vous dire le niveau)

  • Le gars attaché à des crochets d'abattoirs venu la encore de Massacre à la tronçonneuse

  • La séquence ou l'héroïne du film se fait couper les cheveux est pompée d'un film d'horreur français pas forcément super connu nommé Calvaire

  • La scène finale qui fait étrangement penser à Midnight Express

Et je suis sur que j'en oublie une demi-douzaine tellement tout le film n'est qu'un gigantesque patchwork de scènes et d'idées repompées. Bien sur, on peut se dire que si ce sont des scènes qui ont déjà fait leurs preuves en terme d'efficacité les mélanger pourrait donner un truc sympa mais même pas, l'ensemble est tellement foutraque qu'il en devient ridicule.

Frontières

Pour ne rien arranger le film manque cruellement de rythme avec beaucoup de remplissage inutile entre les scènes et, quand le film décide de s'emballer, le réalisateur est soudainement pris d'une crise de Parkinson incontrôlable rendant difficilement compréhensible ce qui se passe à l'écran (Parait que le coup de la caméra qui bouge dans tous les sens c'est pour faire moderne, staïl ! A mon avis c'est surtout fait pour coller le mal de mer).



Champignon Les Frontière(s) des dialogues d'auteur

Pour ne rien arranger au rythme moisi du film tout les dialogues, à l'exception des "Aaaah", "Ouillle" et autres "Ca fait mal arrêtez s'il vous plait", sont affligeants de ridicule. Voulant probablement faire "branché", toutes les répartis du film, ou presque, sont blindés d'insultes, malheureusement, n'est pas Tarantino qui veut et cela donne des scènes d'une profondeur inouï comme par exemple celle-ci :

  • Victime 1 : Quelles salopes putain quand je vois comment je l'ai baisée après elle me dit qu'elle a plus envie

  • Victime 2 : J'te le disais depuis le début que c'est des putes. C'était trop beau pour être vrai

  • Victime 1 : Ca m'enerve ça, comment ça m'enerve

  • Victime 2 : Tain mon gars tu tires une sale gueule, c'est cette tasspé qui te met dans cet état ?

  • Victime 1 : Nan mais j'en ai rien a foutre de cette pute là, j'en ai rien a branler, elle pue de la chatte en fait

C'est magnifique on dirait du Baudelaire qui aurait chopé une variante particulièrement aigue du syndrome de Gille de la Tourette.

Frontières

Finalement, plus j'y repense et plus je me dis que ce film ne possède pas de dialogues et qu'il s'agit probablement d'improvisation des acteurs pour meubler un peu les scènes.



Champignon Les Frontière(s) du jeu d'acteur nanar

Que serait un film pourri sans un minimum d'acteur ridiculement nazes ? Frontière(s) ne déroge pas à la règle avec quelques un des rôles les plus affligeant jamais vu dans un film d'horreur (et pourtant il y a du niveau). Tout le casting est tellement mauvais qu'on en vient à se demander s'il n'ont pas été recruté parmi les acteurs refusé pour les téléfilms de l'été sur TF1 (ce qui n'est pas très très gentil pour les téléfilms de TF1).

Le maitre étalon en terme de nullité dans ce film est en fait une maitresse étalonne puisqu'il s'agit d'Estelle Lefébure, miss Mixa peau sensible dans ta gueule, qui interprète une des sœur de la famille de gros dégénérés. Ayant probablement un peu trop matée Pirate des Caraïbes la miss Estelle est persuadée que pour jouer une méchante plausible il faut se mettre du Khoâl sous les yeux, avoir l'air en permanence droguée aux sédatifs et bien entendu grogner, petit extrait (si le sang vous insupporte les protagonistes de la vidéo en ont sur leurs habits mais promis il y a pas de charcutage dans cette scène) :


*Grr* *Grr* Je suis une méchante !! Bravo Estelle, quel talent oO

Frontières

Juste derrière Estelle en terme de nullité vient Samuel Le Bihan qui joue un des frère de la vilaine famille pabelle ! Habituellement plutôt "bon" acteur le pauvre Samuel est ici totalement dépassé par un rôle indigent de "vraie fausse brute bêbête" et il passe tout son film à grogner (sans rire, comme Estelle il grogne tout le temps) et à montrer à quel point il est bodybuildé du corps. Ça en serait presque drôle mais hélas on sent que le pauvre fait de son mieux pour être crédible dans un rôle naze, du coup ça devient triste :'( Petit exemple de ce magnifique rôle de composition, quel technicité dans les mouvements, c'est beau à voir :


Frontières
Un rôle tout en finesse

Samuel LeBihan et Estelle Lefébure dans leurs œuvres, notez le grognement à la fin :


Hum, quelle vilaine la Estelle, quelle conviction, ça me laisse tout chose :')

Comme je ne peux pas détailler tous les acteurs ridicules du film voici le plus "lamentable" non pas pour son rôle mais plutôt pour ses dialogues. Il s'agit de Jean-Pierre Jorris qui joue le rôle du père de la famille, pour montrer à quel point c'est un vilain Nazi pas beau le réalisateur à décidé de lui faire dire des dialogues mi-français mi-allemand avec un accent ridicule indignes d'un Papi fait de la résistance. Comme en plus il a l'air franchement à l'étroit dans son costume d'officier ça devient vraiment très naze :

Frontières

Au milieu de tout ce marasme on peut cependant sauver l'actrice principale Karina Testa plutôt convaincante dans son rôle, même si elle à tendance à en rajouter dans les tremblements de peur, et Maud Forget qui joue une gamine un peu débile/naïve assez glauque dans son genre.



Champignon Les Frontière(s) du réalisme

En plus d'avoir des dialogues affligeants et des acteurs qui ne le sont pas moins, Frontière(s) est rempli de pas mal d'incohérences extrêmement flagrante qui contribuent à décrédibiliser encore plus un film qui n'avait vraiment pas besoin de ça pour manquer de réalisme. Nous avons ainsi :

  • Le méchant quasi-invincible : Un des vilain frère (bouh pas gentil) se paye, au cours du film, une dizaine de coup de ciseaux entre les omoplates et un gros coup de marteau EN PLEINE TÊTE sans que cela semble le gêner vu qu'il se relève frais et dispo A CHAQUE FOIS sans qu'aucune explication plausible ne soit avancée. Si ca se trouve c'était un film sur des Nazi cannibales sorciers.

  • La méchante quasi-invincible : Probablement protégée par les couches de crème Mixa qu'elle se colle sur la tronche Estelle Lefébure fait preuve, comme son frère, d'une résistance incroyable en survivant tranquillement à une bonne grosse explosion des familles, sans raison.

  • Le père, bon gros Nazi caricatural, décide de perpétuer la "race pure supérieure" en unissant son fils à l'héroïne du film qui ressemble autant à une blonde aux yeux bleus que Khamel Ouali. Bien entendu cette histoire de perpétuation de la race ne sert strictement à rien du film, après tout c'est marrant de mettre des incohérence juste pour le fun.

Un peu comme pour les divers plagiats je suis sur que j'oublie un paquet d'autres incohérences.

Frontières



En résumé : Frontière(s) devait être le renouveau du film d'horreur à la Française, il n'est au final rien de plus qu'un gigantesque foutoir dans lequel sont jetés pèle-mêle des scènes pompés de classiques de l'épouvante enchainées à un rythme poussif par des acteurs qui ont bien du mal à rendre crédible leurs rôles indigents. A trop vouloir se prendre au sérieux on en devient ridicule. Bref, à ne pas voir même si vous êtes fan de ce genre de film (surtout si vous êtes fan en fait puisque tout ce qui est dans ce film a déjà été vu)

Note : ChampignonChampignonChampignonChampignonChampignonChampignonChampignonChampignonChampignonChampignon (2/10)
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